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 Shun Xiang.

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GAUTIER SENPAI
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Messages : 124
Date d'inscription : 14/08/2016

MessageSujet: Shun Xiang.   Dim 14 Aoû - 19:36

SHUN XIANG
舜湘語
18 ans, 7ème année, chinois, classe C

Création d'objets magiques — Au pire voilà ce qu'on va faire, tu vas pas me souler après que j'ai passé 6 heures sur l'histoire et tu vas lire la description du don dans le listing. Shun prend un objet, il l'associe à un pouvoir, réaction PSCHIOUT et hop l'objet est magique et fonctionne avec un pouvoir, c'est pas super cool LOL MDR ce Shun est vraiment trop fort je vais lui confier mes capotes pour qu'il y mette attraction. Effets secondaires malaise / fatigues / maux de tête, tu connais les bails.
• Taille : 1m80.

• Couleur de la peau : Blanche, légèrement bronzée.

• Couleur des yeux : Yeux bleus TRÈS clairs.

• Couleur et longueur des cheveux : Mi-longs/longs, noirs.

• Style vestimentaire : Ça dépend, tant que c'est confortable ça lui convient, il ne fait pas du tout attention à son apparence en général, faut pas trop lui en demander. Pour une raison très personnelle, il a un énorme kiff sur les kimonos et il en porte de temps en temps.

• Signes distinctifs : Ses yeux, sa coiffure atypique et sa façon de s'habiller... un peu tout en fait, il est physiquement en marge.

• Regard d'autrui : Sacré kikoojap avec ses tenues bizarres et sa queue de cheval. Il fait même un peu flipper étant donné sa négligence physique.

• Inventaire : Ta mère (sinon rien)
Il y a les boloss.
Et encore au-dessus, il y a Shun.

Si vous demandez à ce mec la plus grande erreur de sa vie, il vous racontera la même anecdote à laquelle ont droit chacune des personnes qui le connaissent. Celle du panini. Comprenez, lorsqu'il est arrivé à Prismver, après toute une vie de pauvreté, cette bouffe était une bénédiction. Ce furent les plus belles années de sa vie et lorsqu'il comprit qu'il grossissait, il s'est dit qu'il arrêterait d'en bouffer tous les jours, et surtout qu'il arrêterait de ne bouffer que ça. Vous savez, il y a le choix du repas normal ou du self-service express, panini/frites/dessert même s'il ne reste plus de frites à la fin. Il avait prit des panini tout au long de sa vie et aujourd'hui les choses allaient changer. Aujourd'hui, et c'était l'événement de l'année, les choses allaient définitivement changer.

▬ Ok les gars. C'est le jour J. Et puis, y'a des épinards, c'est le jour rêvé ; souhaitez-moi bonne chance.

*10 minutes plus tard, Shun revient avec un panini*

▬ ...J'ai paniqué...

—————

"J'ai paniqué" a toujours été sa phrase fétiche tant elle lui servait d'excuse mais elle n'était pas la seule. Avant d'être quelqu'un qui panique, c'est surtout une personne avec beaucoup de courage. C'était sa devise : avoir le courage de faire quelque chose. Même lorsque l'un des mecs de son entourage venaient lui reprocher le fait d'avoir un peu trop approché sa petite amie, il parvenait à retourner la situation avec cette façon de faire, quel que soit le niveau de gravité de ses conneries.

▬ Xiang. Faut qu'on parle. Sérieusement, gros.
▬ J'écoute, gros.
▬ Tu l'as encore draguée. Je t'ai prévenue l'autre fois, c'est relou, faut que tu comprennes. Elle en a marre, et ça t'avance à quoi ?
▬ T'as mal compris les choses. Je l'ai pas draguée ta copine, j'ai le courage de la draguer. C'est un tout autre concept.
▬ ...Bâtard, t'as raison en plus.
▬ Kebab ?
▬  ALLEEEEEEZ

Si vous sous-estimez l'impact de cette expression, essayez chez vous. Dites "le courage de" juste devant n'importe quelle expression, je vous jure que ça marche.

—————

Shun est un mec qui essaie. Vraiment, il essaie. Quand il gueule, en plein cours de philo', que la pensée de Descartes est "grave classe" il le pense vraiment. Il a envie de comprendre et c'est pour ça qu'il s'intéresse à beaucoup de choses. Ayant toujours voulu être aussi classieux qu'un scientifique, il a commencé par la biologie.

▬ Si le nez des éléphants c'est aussi leur bouche, comment ils font avec un inhalateur ?
▬ T'as déjà vu des éléphants asthmatiques toi ?
▬ Bah les zèbres c'est bien des chevaux daltoniens.

Mais voilà, pour une certaine raison, ça a tendance à pas toujours passer. Ça bloque, même. On sait pas trop pourquoi, c'est juste ça coince. C'est la vie, son cerveau est sans doute pas réglée sur le principe de réflexion dont disposent tous les autres humains.

—————

Il est bon de préciser que ce mec, malgré tout ce qu'il peut bien dire, ça reste une énorme guimauve. C'est simple à comprendre, il suffit de lui balancer un truc right in the kokoro et il perd toute capacité de réflexion pour se rouler par terre comme si c'était le plus merveilleux jour de sa vie. On en est sans doute pas loin de ce résultat-là - quelle vie de merde il a eu, il faut dire - mais dans certains cas, c'est sans doute un peu exagéré.

▬ Gros, j'peux te prendre ton stylo rouge ?
▬ Arrête de demander Shun, prends-le.



Vous aurez compris que c'est pas vraiment le type le plus viril du pensionnat, malgré tout, il sait y faire quand on a besoin de lui. Eh ouais, quand on a besoin de lui, papa rapplique. Reste encore à trouver qui aurait la connerie de l'appeler LUI à l'aide en cas de besoin.

—————

Shun est un putain. de. rageux. Non, vraiment, si j'ai un conseil à vous donner, c'est de ne jamais jouer aux jeux vidéo avec lui. Le pire, c'est qu'il n'est pas dégueulasse - il a découvert ça très récemment et il adore tellement qu'il a farm pendant des heures, chaque jour, des mois durant - et au bout du compte, il s'estime méritant. Et fort. Ah, oui, chez Shun, ce n'est pas la modestie qui prime, et lorsqu'il perd, c'est rarement sa faute.

▬ Mais quel autiste ce mec putain ! Désinstalle le jeu !
▬ Mais Shun c'est un jeu sur conso—...
▬ IL A MARQUÉ MAIS GENRE !!! WTF ??? IL EST À L'AUTRE BOUT DU TERRAIN ET TU VAS ME DIRE QUE... SÉRIEUX C'EST N'IMPORTE QUOI CE JEU PUTAIN VA NIQUER TA GROSSE MÈRE SALE NOOB AVEC TES JOUEURS CHEATÉS !!! BÂTARD ! CONNARD ! ENCULÉ ! J'TE BAISE !!!

—————

Shun est dans l'excès. En permanence.
Rire, joie, colère, faim, tristesse, il assume ses sentiments et les clame haut et fort. Shun sait ce qu'il a, ignore ce qu'il ne pourra jamais obtenir et étale ce qu'il désire conserver. Il n'a aucune honte, aucune limite, aucun regret, aucune chose à se reprocher. Shun a connu le pire et il refuse d'y retomber, alors Shun donne et profite à fond, presque trop stupidement, pour un jour voir toute chose s'éteindre sans avoir à porter de regard en arrière. Rien n'est triste jusqu'à la fin, et puis, tout le devient - et Shun essaie de faire de sa vie une exception.


Chapitre 1 : L’enfant au reflet de tout un pays.

J’imagine que vous avez déjà entendu parler de la politique de l’Enfant Unique. Il paraît que mes parents étaient très respectueux de la loi, mais pouvais-je leur en vouloir d’avoir eu des jumeaux comme enfants ? Pouvais-je leur en vouloir d’avoir eu un choix à faire ? Très franchement, même si ces pensées me tourmentent sans cesse, je n’en retiens pas de haine envers ma famille. S’ils se moquaient tant de mon sort, ils ne m’auraient pas gardé pendant 6 années - ils se seraient contenté de me jeter dans l'une des rues de Zhongchagou, notre ville d'origine, en qualité que nourrisson. Je sais que ça ne fait pas une grande différence, mais c’en est déjà une - et enfant, je ne pouvais rien faire de plus que mendier aux portes. Je n’étais pas assez grand pour voler ni pour courir et échapper aux marchands que j’aurai pillé. Je suppose que je suis chanceux de m’en être sorti pendant tant de temps, mais vint un âge où la pitié des gens ne venait plus. J’étais obligé de voler, de survivre tant que je pouvais - et ce comportement m’octroyait un certain talent pour l’escalade et le parkour.
Je sais, ça pète la classe, et vu ce qu’elle est devenue, j’aurai aimé que ma vie se limite à ce simple schéma jusqu’à ce que je rencontre Mr. Wei. Malheureusement, ce ne fut pas le cas.

Chapitre 2 : L’enfer du 7 novembre 2012.

Il y eut ce moment. Ce garçon que je n’oublierai pas. Il y a eu cet instant dont je ne pouvais voir la fin. Tout ce dont je me rappelle, c’est du regard d’un adolescent au détour de ma course poursuite, quelques pommes volées en main, tout ce dont je me rappelle, c’est de ces iris rouges qui sont restés gravés dans ma mémoire.
Perturbé, effrayé ; j’ai heurté son épaule pour l’ôter de ma course, écorchant ma hanche sur un stand juste derrière, et, en proie à la douleur et la peur, j’ai continué de courir. Je ne sais pas combien de temps. Je ne savais pas si cette image disparaîtrait, si cette course ridicule continuerait, les mouvements guidés selon la convenance de mes côtes brisés. Je me souviens avoir erré dans le bidonville, dévorant les pommes une à une, jetant le bac pour libérer mes mains dans le but de l’emprunt suivant.

« Va-t’en, ai-je dit au chien qui me suivait. Je suis de très mauvais compagnie. Je n’ai aucune patience et mes journées sont bien trop longues pour que je n’en ressorte pas agacé. »

Et, faisant volte-face, suivant des yeux le ciel qui amorçait une nouvelle boucle, j’ai continué de marcher. J’ai continué ma routine, me souciant des vieilles dames en pleine traversée malgré ma propre galère, m’arrêtant quelques minutes au milieu d’un groupe d’enfant pour leur conter l’histoire de ma propre vie.
« Je suis libre. » aimais-je dire. « Une vie qui se suffit à elle-même. » C’est ce qui faisait mon quotidien. Alors, comblé par les compliments qu’ils m’adressaient innocemment, je commentais modestement en annonçant n’avoir que 14 ans, un temps que je comptais continuellement dans ma tête. C’est dans ce genre d’instants que j’oubliais ce garçon et que la force de continuer ce que je faisais chaque jour me revenait - et la vision d’un futur vol m’attristait autant qu’elle me soulageait.
Deux fois de suite, lucky. C’était très rare que je parvienne à manger avec si peu de marches entre deux repas - et cette pensée me motiva à reprendre. Les mains se glissèrent entre les silhouettes gigantesques, saisirent deux pommes pour entrer dans un nouvel état de panique ; et la course reprit. Nouveaux hurlements, nouvel échappatoire. Je filais entre les gens comme guidé par un instinct furieux, avec une étrange sensation de facilité.
Un virage, mais pas de garçon cette fois. Un soulagement. A nouveau, je parvins à m’enfuir et tout en dégustant ma pomme, et à nouveau, ce chien était là.

« Bonjour toi. Ma compagnie n’a pas changé tu sais, je suis toujours aussi impatient. »

Je m’écartais de lui rapidement, passais devant les enfants que je saluais d’un bref signe de main. L’un d’eux me sourit avec tant d’entrain que je m’arrêtais pour passer du temps avec eux. Accroupi, me demandant si ma présence deux jours de suite ne semblerait pas dangereuse à leurs parents.
« Bonjour, de nouveau. » lançais-je avec amusement tout en leur souriant. « Enchanté. » articula une jeune fille, ses yeux inquiets fixés sur moi. Je perdis mon sourire. Tout en appréhendant ces quelques paroles, je décidais de leur fausser compagnie. Je courus aussi loin que je pus, attrapant une pomme sur un stage au passage, les cris d’alerte de la propriété couverts par le brouhaha d’une population trop nombreuse. Nouvelle course poursuite, nouveau virage sans lui et suivi de cette nouvelle rencontre. Ce chien présent quotidiennement. Ce fidèle animal.

Tout cela aurait-il une fin ?
Étais-je condamné à errer dans un éternel quotidien ?

Je ne pouvais pas le supporter. Je ne pouvais pas continuer à faire ça, jouer la comédie, protéger le futur, agir inconsciemment comme si un de ces instant sans repos n’était pas le dernier, car j’étais incapable de savoir quand les choses s’arrêteraient. Et dans cet espace vide de toute chose, de tout espoir, de toute notion et de toute fatigue, je ne pouvais m’en remettre qu’à mon esprit bancal et à cette montre aux aiguilles sombres attaché au poignet d’un homme grand et imposant, remarquée après une énième tentative et désormais usée à chaque tournant pour calculer le temps employé ici, tourné en une addition incessante, compressée à l’occasion en une unité plus grande jusqu’à ce que le compte soit si longtemps qu’il ne tienne même plus en quelques courtes syllabes. Je n’en avais pas marre. Je ne savais pas ce qu’il advenait de tout ce temps passé sans fatigue, sans ennui, sans douleur, sans notion, seule ma conscience y échappait. Car même les autres personnes, toute personne, aucun n’y échappait - pas même ce chien, éternellement à ma suite.

« Tiens, bonjour. Je n’ai toujours pas changé. Je ne sais pas ce que tu veux, mais ce n’est pas avec moi que tu l’obtiendras. Je te l’ai dit, je suis impatient. Et mes journées… » Je m’interrompis d’un coup, en proie à une brusque illumination - et ce déterminant prenant soudain une tournure singulière, dans tous les sens du terme.
Tout prenait un sens.
Comme dans un roman policier bien ficelé, comme dans une histoire de qualité comme on en trouve rarement, comme dans ces instants où l’on se rend compte que les choses sont bien plus logiques, intéressantes et réelles que dans n’importe quel livre, et que l’intéressant, le logique qu’on désire tant voir et qu’on attend de chacun n’est jamais aussi présent dans une oeuvre, aussi bien faite soit-elle, que dans la réalité, même alternée.

Je courus, croisant les enfants que je saluais, volant la pomme, courant pour ma liberté, privant le chien de la sienne. Car il me suivait, encore et encore, à chaque passage, comme un programme destiné à mener à bien son unique but, sa seule raison d’existence.  Continuellement. Je n’ai aucune patience, avais-je dit et répété bien trop de fois pour que je me souvienne combien. Le chien, se laissant dépasser par les enfants. Et il commentait modestement en annonçant n’avoir que 29 ans. Car auprès d’eux, malgré le désespoir, la répétition, il se devait de rester le même - car je me devais de rester droit pour le futur. Alors je courais pour voler de nouveau cette pomme et combler ce besoin quotidien de manger, je tournais pour tomber nez à nez avec ce même chien, croisait ses enfants à qui je donnais une nouvelle estimation de mon âge compté. Va-t’en, disais-je, je ne suis pas de bonne compagnie.

Une répétition telle qu’il m’était arrivé une fois de le hurler aux enfants, mais avec un tel manque d’entrain que j’étais certain, à présent, de ma situation si spéciale. Car je devenais chaque jour impatient à mesure que le temps passait. À mesure que cette journée reprenait, et ça n’en était pas une, simplement une heure, un instant, une période capturée par mon esprit, je me sentais défaillir. Mais je ne pouvais pas, je ne devais pas, j’en étais incapable - car je désirais rester ce porteur d’espoir et d’admiration et non pas devenir un messager cruel et amer du désespoir humain. Et il commentait modestement en annonçant n’avoir que 51 ans. Volant, courant, expliquant, riant, commentant, suivi, poursuivi, admiré, désigné, observé, oublié, car dans un même instant, le monde ne pouvait plus tourner. Car sans ce garçon, le virage n’avait pas de sens et n’était qu’une éternelle boucle que je n’avais cesse de revivre.

Cent, deux cents, trois cents, une augmentation incessante qui sonnait comme un décompte. Le supplice de la vie, du regret, tout ça pour un simple vol ? Tout ça pour un petit écart - pour survivre ? Plus que jamais, je regrettais d’avoir volé. Plus que jamais, je regrettais et je détestais cette volonté de demeurer en vie. Mais machinalement, l’esprit dominé par cette folie et ce besoin presque naturel de revivre les choses, je continuais cette boucle. Encore et encore. Et il commentait modestement en annonçant n’avoir que 369 ans. Mais ce chiffre pouvait bien monter, les choses ne changeraient pas. Tout resterait si cruellement similaire que je n’en avais plus que le désir inébranlable de voir tout disparaître,

« Ramène-moi. » marmonnais-je dans le vide. « Je ne volerai plus. »

Une complainte, une supplication hurlée dans le vide sans but précis, comme la recherche d’une divinité auprès que toute logique, tout espoir ait quitté ce monde continuel. Et voilà ; Shun sans espoir. Se livrant au pire. Se livre à ce dont il s’est toujours moqué, comprenant la faiblesses de ces humains dont je faisais parti, réunis dans des églises, cherchant l’espoir dans une croyance bancale auxquels ils s’accrochaient tant.
C’est curieux de penser que la tolérance vient d’un désespoir accompli.
Car mourir, mourir me semblait plus attrayant que de continuer à vivre d’une pareille manière. J’avais l’estomac broyé par la sensation de concision qui me prit de court, comme si tout mon cerveau avait dû compresser toutes les informations en une seconde d’existence. Réduit à la torture de tant de temps, celle de ne pas pouvoir avancer, d’être seul ; seul et apeuré - car il n’y avait pas de pire sensation, même dans une vie qui n’avait pas de sens.

Et rien ne se passa. Malgré mes supplications, malgré mon désir de disparaître, malgré mes regrets sincères et mon inexistante volonté de vivre, rien ne se passa.
Il devait forcément y avoir un moyen de sortir - et si le temps ne suffisait pas, l’espace ferait l’affaire. L’espace. Et pour la première fois, je briserai cette routine en courant à l’extérieur de la zone. Je courus aussi vite que je peux, mais avant de m’en rendre compte, j’étais de retour à la même position qu’au début. Plus vite, me dis-je à moi-même avant d’entamer de nouveau une course. Plus vite. Sors de cette zone d’influence. Et j’accélérais de nouveau, laissant derrière moi ces regrets et ce désespoir pour recouvrer, en même temps que la chaleur d’un corps en plein effort, la volonté de vivre. L’instinct de survie au-delà de toute chose. Je ne voulais plus laisser ce garçon me voler tout ce que j’avais - et tout en songeant à tout ça, je sentais mes jambes accélérer. Plus vite. Plus vite. Plus vite. Et avant de m’en rendre compte, je me cognais contre un mur invisible, faisant face à l’étonnante vision d’une zone que je ne connaissais pas.

J’étais sorti. Aussi invraisemblable que ça puisse être, j’étais sorti - ou presque.
Mon premier réflexe fut de toquer contre cet étrange mur. Chaque coup le fit onduler, comme la surface d’une eau - et en le touchant plus doucement du bout de mon doigt, je constatais que je pouvais le traverser, au prix d’une sensation de malaise terrible. Qu’est-ce que c’était ? La limite de cette étrange capacité ? Je ne le savais pas encore, mais cette douleur était l’avertissement que le danger me guettait au-delà de cette limite - mais qu’étais-je censé faire ? Rester ici jusqu’à attendre une fin qui n’arriverait jamais ? Pas question de laisser les choses se faire ainsi - et décidé à affronter tout ce qui m’attendrait de l’autre côté de cette barrière, je fermais les yeux et passais au travers, membre après membre, ne constatant, qu’une fois entièrement de l’autre côté, qu’il n’y avait pas de sol. Je n’osais pas ouvrir les yeux mais sentis mon corps se secouer, comme dans le départ brusque d’un véhicule après un arrêt - mais cette sensation était mille fois plus forte, mille fois plus désagréable et mille fois plus douloureuse.

Chapitre 3 : La dynastie Qing et l’époque d’Edo.

Je n’avais pas l’impression d’avoir voyagé mais l’endroit n’avait plus rien à voir avec celui où j’étais auparavant. Je pourrai dire que j’avais atterri dans ce nouveau décor avec classe, mais non : j’étais simplement la tête par terre, me retournant rapidement pour vomir sur le sol, ignorant superbement le tunnel de lumière qui trônait au-dessus de moi. Ça peut vous sembler carrément kitch, mais il faut bien que je vienne de quelque part, quelle que soit la “magie” qui m’ait transporté ici. L’espace d’une seconde, il me sembla apercevoir une silhouette s’y jeter - un garçon de mon âge avec des cheveux longs, vêtu d’un kimono noir. Sûrement une hallucination due à la fatigue - je décidais de ne pas y prêter attention et de me concentrer sur la situation actuelle puisque je devais déjà suffisamment attirer l’oeil comme ça. Balayant les alentours du regard, je constatais une ambiance toute autre que celle d’auparavant - l’architecture, les tenues, la langue. Si je ne m’y connaissais pas, je dirai que j’aurai voyagé dans le temps - mais c’était improbable. Impossible. Je ne pouvais pas avoir échappé à ce monde pour me retrouver ici ! La respiration haletante, sous le joug d’un doute inexplicable, je me dirigeais vers la personne la plus proche.

« Excusez-moi, demandais-je le plus poliment possible. Ma question va vous sembler très étrange, mais, en quelle année sommes-nous ?
— C’est évident, répondit la femme qui me toisa avec surprise. En 1657. »

Avec le recul, et surtout, lorsque bien plus tard, je recevrais une explication plus scientifique venant d’un professeur de Prismver, tout cela semblait logique. J’avais été figé dans le temps par ce pouvoir, arraché à mon monde pendant 369 ans - mais les choses n’étaient jamais aussi simple. Tenter de quitter la zone par moi-même, plutôt que de laisser l’utilisateur annuler les effets, avait provoqué des conséquences graves : j’avais rattrapé en une seconde l’espace des 355 années que j’avais passé ici. C’est comme retenir l’air dans une zone et le laisser s’échapper d’un coup - l’explosion est souvent impressionnante. Le problème, c’est que j’avais été éjecté dans le mauvais sens - d’où mon arrivée dans le passé.

En résumé, j’étais une anomalie temporelle, et de surcroît, j’avais pris un sacré coup de vieux.

La seule pensée qui me vint sur l’instant, c’est que je ne pourrai plus voler à ce super marchand de pommes puisque ça se trouve, les pommes n’existaient même pas. Je ne paniquais pas, non, après tout, j’avais passé toute ma vie dans la rue - pouvais-je vraiment m’inquiéter de connaître cette même situation, même 400 ans plus tôt ? Je n’avais rien ni personne, que ce soit ici ou à la fin du monde, ça ne changeait rien pour moi. Presque trop positif, je me mis en route sans avoir de réelle destination autre que le futur (c’était beau, putain).

Je pourrai vous parler de toutes mes péripéties, je pense qu’elles en valent la peine, mais énumérer les rencontres que j’ai faites, la niaiserie des sentiments que j’éprouvais pour les premières personnes qui rejoignaient mon entourage, mais je ne suis pas certain que ça vous intéresse alors je vais résumer les choses. A l’époque, ce quartier que j’avais toujours connu populaire était un quartier riche, et pour ces gens-là, l’argent coulait de source. Pour résumer le cours d’histoire que je vais vous faire, il s’agit de l’époque de la dynastie de Qing et l’architecture y était en pleine croissance. Si vous avez vu des images de superbes monuments chinois qu’on voit beaucoup moins aujourd’hui, une bonne partie viennent de cette époque. Je ne vais pas plus m’avancer pour éviter de me faire tuer par un professeur d’histoire trop compétent, mais lorsque je me suis écroulé sur le sol après plusieurs jours à jeûne, je pensais vraiment que c’était terminé. Il n’y avait pas cet habituel marché de rue où il est possible de voler des choses, et en l’absence de cet élément, je ne pouvais pas voler aussi aisément que d’habitude.
J’en étais même incapable, pas dans un décor pareil où même ma tenue faisait tâche.

Je l’avoue, me réveiller dans un décor différent a tendance à me gonfler, mais cette fois-là, c’était pour le mieux. J’avais été recueilli devant la gigantesque - et c’est peu dire - demeurant des Zhen, plus particulièrement par la… comment vous dire. La belle Lian, fille du grand marchand Zhen, l’une des familles marchandes les plus importantes dans la Chine de l’époque. Je me voyais mal me présenter comme étant un garçon du futur alors j’ai simplement donné mon nom. Shun Xiang. Je suppose que leur riche, leur très nombreux personnel et mon âge jeune leur laissaient à penser que je n’étais pas un danger. Ils avaient bien raison, mais je ne sais pas si, comme eux, j’aurai eu la bonté de garder quelqu’un sous mon toit. Je ne savais pas où aller et je le leur avais bien dit - mais ils n’avaient rien rétorqué à ça. Je pense que Lian y était quelque chose, mais je m’étais juste abstenu de donner mon avis.

J’avais un toit. Et je jugeais ça comme étant amplement suffisant, pour moi qui n’avait même pas ça, à l’époque. Cependant, je savais que les choses ne pouvaient pas se finir de cette façon. Pas aussi simplement qu’en restant ici, incrusté dans une famille riche au nom de la gentillesse de son héritière. Mes nombreuses phrases mal tournées, ma façon de parler en décalage avec cette époque et mes lapsus avaient fini par rendre mon hôte curieuse. Tout juste un mois après mon arrivé chez les Zhen, encore considéré comme un invité auquel on ne faisait que vaguement confiance, Je savais que mon discours ne serait pas facile à comprendre, aussi, j’avais décidé d’attendre que Lian et Mr. Zhen me reçoivent ensemble pour m’écouter.

Alors, aussitôt, je leur ai tout raconté. Ma vie jusqu’ici, cet étrange garçon et l’anomalie qui m’avait mené ici, à presque 400 ans de mon époque. Et il s’était produit ce à quoi je ne m’attendais pas - ils m’avaient cru. Plus encore, ils avaient proposé de l’aide.

Je vais revenir à une explication historique puisque c’est assez important ici. C’était aussi le temps de la très célèbre époque d’Edo au Japon - et je suppose que je n’ai pas à vous la présenter. Mais ce qui nous intéresse, c’est quelque chose d’étonnant : malgré le fait que le pays soit renfermé sur lui-même, il entretenait des relations commerciales avec la Chine. De fait, Mr. Zhen qui travaillait dans le commerce avait beaucoup de contacts avec les pays extérieurs - et il me parla d’un homme qu’il avait rencontré au pays du soleil levant. Selon ses dires, celui qui n’était pas juste un client récurrent mais aussi un très bon ami lui avait parlé de choses tout aussi étranges que mon voyage temporel. Comme je n’avais pas de meilleure piste, j’avais accepté la proposition de Mr. Zhen : il m’emmènerait dans son prochain trajet commercial et nous j’essaierai de trouver des réponses.

Vers la fin du mois de Février, nous partîmes, Lian avec nous. Je n’avais jamais vu l’océan, et forcément, le voyage en bateau fut des plus impressionnants - mais passons directement à la partie intéressante. L’arrivée. Je peux vous dire que le Japon est un pays impressionnant - et comme Mr. Zhen devait retrouver son client à Edo, nous avions le temps de voir du pays sur la route. C’était impressionnant. Mais à côté de la ville d’Edo, ce n’était rien - et je pèse mes mots. Sur place, Mr. Zhen commença à travailler et Lian m’emmena visiter la ville où elle était allée plusieurs fois déjà. Les japonais étaient peut-être très renfermés, mais leur culture était impressionnante. Il n’y avait pas à dire, ils étaient en marge, mais pas forcément négativement - et lorsque je ressortis avec un kimono et des getas, j’étais étonnement confortable.

C’est dans cette tenue que je rejoins Mr. Zhen accompagné de Mr. Iwaki, son client, Genshin de son prénom, aussi censé être l’homme capable de me tirer de cette situation. Je m’inclinais poliment en passant devant la pièce mais Mr. Zhen m’invita à les rejoindre. Il m’introduit à l’homme qui, à la fois surpris et passionné par le récit que je lui fis de ma vie, de mon enfance à mon recueil par Mr. Zhen en passant par mon arrivée à cette époque, adopta un visage préoccupé à sa suite.

« Jeune homme, commença-t-il en chinois. Après une trentaine d’années à côtoyer ce genre d’événements surprenants, j’en ai retenu quelque chose : la nature cherchera toujours à rétablir son équilibre, quel que soit le moyen employé.
— Son équilibre ? demandais-je.
— Ta présence ici est contradictoire et cela n’inaugure rien de bon. Mr. Zhen avait raison, je suis en mesure de t’aider, mais ne précipitons pas les choses : profite des quelques jours que vous passerez à Edo et tu prendras ta décision après. »

Suivant les conseils de Genshin je partis me coucher, le coeur lourd - mais le sommeil n’est pas si aisé à trouver dans le tourment. Je n’avais pas envie de partir. J’avais tout ici ; Lian, Mr. Zhen, une famille, un toit - et je devais tout perdre au nom de la nature ? Je n’avais pas besoin de tout un séjour pour y réfléchir, je voulais rester. La question ne se posait même pas.

Chapitre 4 : Le grand incendie de Meireki.

Pour les meilleurs en histoire, sûrement les A, vous connaissez la date du 2 mars 1657. Les connaisseurs du Japon, en tout cas. Laissez-moi vous gonfler encore un peu avec l’Histoire : il y a eut, ce jour-ci, un incident qu’on appelle le “Grand incendie de Meireki”. Les détails de ce drame, je vous invite à les demander à votre prof d’histoire, mais dans mon cas, je préfère ne pas m’en rappeler. Me réveiller en faisant face à ce qui causa la mort de milliers de personnes, m’enfuir pour ma vie, sentant le regard lourd de Genshin Iwaki sur moi - mais il n’avait pas besoin de m’expliquer quelle en était la cause. La nature cherche toujours à rétablir son équilibre. Deux mois, c’était bien trop long, et même si je ne pouvais être moins certain d’être la cause de tout ça, je ne pouvais exclure cette possibilité. Il nous fallut fuir la ville, et pendant 3 jours, les choses ne firent qu’empirer. L’hésitation n’était plus possible après avoir fait face à quelque chose de tel : je devais partir. Accablés par ce qu’il venait de se dérouler sous nos yeux, je restais silencieux et docile devant les explications de Mr. Iwaki.

« Tu m’as dit avoir aperçu un tunnel lumineux en arrivant ici. Si tu me donnes le lieu et la date précise de ton arrivée, je serai en mesure de t’y transporter.
— Comment ? demandais-je aussitôt, surpris.
— Ce garçon dont tu as parlé n’est pas le seul à avoir une capacité. Moi aussi. Je suis en mesure de voyager dans le temps, et en agissant de cette façon, tu pourras retourner à ton époque.
— Mais il reviendra dans ce monde étrange où le temps ne s’écoule pas !
— C’est bon, Lian. C’est la meilleure chose à faire. »

J’étais amer. Je n’avais pas envie de partir, plus que quiconque, mais je le devais et Genshin me le faisait bien comprendre. Je passais encore quelques minutes à faire mes adieux à Lian et à Mr. Zhen et finalement, je fus prêt à partir. Je pris une grande inspiration alors que Mr. Iwaki posait sa main sur son épaule et, en une seconde, je me retrouvais dans le quartier où j’étais arrivé. Je n’avais qu’une poignée de minutes pour retrouver l’endroit précis, et j’y arrivais assez facilement. Ça ne faisait pas assez longtemps pour que j’oublie à quoi ressemblait la ruelle. Une minute. La pensée de repartir dans cet espace répétitif m’effrayait mais je ne pouvais pas faire autrement. Me voir arriver dans un état misérable, détruit, ce n’était pas plus encourageant, mais je n’avais pas le choix. Je devais le faire - je ne pouvais pas prendre le risque de provoquer davantage de catastrophes. J’ajustais le kimono noir que je portais, courus vers le tunnel lumineux à l’instant où le moi du passé se penchait pour vomir et me jetais à l’intérieur, laissant ma silhouette à peine aperçue par ma propre d’entité d’il y a deux mois. De retour dans ce monde, les choses me semblaient différentes, comme si le monde gris était désormais passé en couleur - et j’en comprenais la raison.

« Je ne sais pas qui tu es ni ce que tu me veux, je suppose que ton but était de me punir d’avoir volé, mais sache que je m’en fiche maintenant. J’ai vécu énormément de choses grâce à toi, j’ai vu des choses incroyables que je ne pourrai plus jamais connaître. Tu m’as offert tant de choses sans même le savoir, et maintenant, je ne pourrai plus jamais y goûter. Alors je m’en fiche. Si je dois voler à nouveau pour les retrouver, je n’hésiterai pas. Laisse-moi pourrir ici si tu le veux, ça m’est égal - tu ne pourras jamais rien ne faire puisque je n’ai plus rien à perdre. »


Chapitre 5 : Mr Wei & Prismver.

Ce fut mon dernier réveil dans un décor différent. Lorsque Mr. Wei, un vieil homme héritier d’une fortune familiale, m’avait recueilli chez lui, je compris que j’étais rentré. Je ne savais pas comment, mais j’étais à mon époque - et je supposais que le garçon m’avait relâché. Là encore, sachez-le, j’aurai aimé vous raconter les choses plus en détail, la gentillesse de Mr. Wei étant quelque chose qui ne s’oublie pas, mais j’en suis incapable. Je n’ai que de très brefs souvenirs de ce qu’il s’est passé après. Mr. Wei affirme m’avoir trouvé dans une rue et m’avoir ramené chez lui. Encore perturbé par mes aventures de ces dernières années, j’ai accepté son hospitalité sans faire d’histoires. Mr. Wei avait perdu sa femme stérile il y a des années et il n’avait jamais pu se remarier après ça. Du fait de ma solitude, je le comprenais - et nos caractères ressemblants firent que je m’entendis très bien avec lui. Ces quatre dernières années, je les passais en alternant entre une éducation correcte et les rendez-vous chez un psychologue. J’avais vécu tant de choses dont je ne pouvais parler, et je devais me répandre en sous-entendus pour réussir à me confier. Je ne peux pas dire que je réussis à devenir normal, mais aller enfin à l’école, avoir un toit et manger à ma faim, cette vie normale me fit un bien fou.

Dans l’année de mes 17 ans, des choses étranges - bien moins que celles d’il y a deux ans - se produisirent. Dans cette mesure, je ne fus pas plus surpris que ça d’apprendre que je pouvais rendre les objets vivants, en revanche, l’arrivée d’un traqueur chez Mr. Wei me surprit. Il parla d’une école nommée Prismver où je pouvais apprendre à contrôler ce don, et si je n’avais pas manqué de mettre mon hôte en danger, j’aurai directement refusé l’offre. Ce dernier, pour me rassurer, me proposa de venir avec moi sur l’île, en tant que simple habitant - et c’est à cette condition que je rejoins Prismver. Après avoir passé l’examen, je me retrouvais en classe C - j’avais beau être studieux, j’avais trop de retard dans mes études pour espérer faire mieux que ça. Sachez une chose, je me moque de cette Guerre des Classes. J’ai vu bien assez de choses pour penser que les conflits entre classes peuvent avoir une signification quelconque. A présent, j’ai bien assez pour moi, et je m’en contente largement.

Filière : Histoire.
Matières choisies : Littérature, mathématiques, japonais, architecture, EPS.
Ici Gautier. Je suis là depuis 3 ans, vous me connaissez je pense. Ceci est un 7ème compte. Du temps pour RP ? I've got a time machine. :tardis:
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Shun Xiang.
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